DISQUE CHOPIN - LISZT (Mirare)

Critique parue dans Diapason, avril 2010, Jérome Bastianelli

Le nouvel enregistrement du jeune Trio Chausson [...] est passionnant par son programme: le rare opus 8 de Chopin y voisine avec deux transcriptions, l'une (personnelle mais très réussie) de l'Introduction et Polonaise op.3, l'autre de la Vallée d'Obermann. [...]
L'interprétation du trio de Chopin est plus insiprée que celle proposée, dans le même temps, par [...]: phrasés plus souples, atmosphère plus subtile, traits moins forcés. Le piano de Boris de Larochelambert mérite une mention particulière pour sa sonorité lumineuse et ses élans légers et gracieux. Au violoncelle, Antoine Landowski apporte à ces lectures une densité jamais pesante: les tensions qu'il imprime au discours ne sont ni brutales ni impulsives. [...]
La transcription pour trio de l'opus 3 de Chopin est un vrai bonheur: le violoncelle trouve dans le violon un partenaire enthousiaste pour affronter les tourbillons de la partition; défendue en outre avec beaucoup de brio, elle perd en carcatère démonstratif ce qu'elle gagne en équilibre.


Critique parue dans Pianiste, avril 2010, Olivier Erouart

Cet enregistrement rappelle avec pertinence le lien qui unissait Franz Liszt à Frédéric Chopin, qui dédia ses 12 études op.10 à son cadet d'une année. Liszt, ignorant la jalousie, prit fait et cause pour l'oeuvre de son ami au point de lui consacrer un ouvrage récemment réédité (Archi Poche).
Entre les deux pages de jeunesse de Chopin, le Trio Chausson choisit une des transcriptions les plus proches de la version originale de 1840 de la Valée d'Obermann et s'affirme comme l'un des meilleurs ensembles de musique de chambre. Les éminentes qualités instrumentales des trois musiciens sont mises au profit d'une réflexion poétique sur le texte et sur le sens de l'interprétation. Au Chopin enfiévré et juvénile de l'Introduction et Polonaise brillante transcrite pour piano, violon et violoncelle, le Trio Chausson oppose un Opus 8 plus sombre, plus tendu. Le récit se fait plus épique avec le quasi-poème symphonique de liszt, où l'on s'émerveille de la qualité des nuances, de la recherche de couleurs et de l'équilibre instrumental (écoutez les premières minutes de la vallée d'Obermann et les rapports tension/détente) qui ne nuit jamais à la souplesse du jeu, à la sonorité tantôt lumineuse tantôt en demi-teinte et à une expressivité musicale qui ne s'appesantit jamais. Après les trio de Chausson et Ravel salués dans ces colonnes, il y a quelques mois, le jeune Trio Chausson (2001) si'mpose et l'on suivra avec intérêt leurs prochains disques et leurs prochains concerts.


DISQUE CHAUSSON - RAVEL (Mirare)

Critique parue dans Classica, février 2008, Jacques Bonnaure

[...] La formation qui a choisi pour emblème Chausson réunit depuis 2001 de jeunes solistes qui se sont fait un nom et s'imposent désormais dans le paysage très mouvant de la musique de chambre française. Soit dit en passant, ils témoignent de la très haute qualité de la formation instrumentale française. Dans ces deux trios, ils ne sont en rien inférieurs à leurs aînés, même prestigieux.
[... Chausson :] ici c'est l'inspiration la plus généreuse, la plus ardemment lyrique, la plus personnelle que l'on ressent constamment. Le dialogue des interprètes est équilibré, à la fois fluide et tendu et le son d'ensemble est d'une souveraine beauté.
[... Ravel :] Il y faut les mêmes qualités que pour les trios des époques antérieures, mais aussi un travail particulier du son, que le Trio Chausson a parfaitement compris, jouant à la fois sur le dosage des timbres, l'acuité des rythmes, et même, dans le finale, une certaine violence.
Pour les deux trios, nous sommes donc en présence de nouvelles versions de référence, à inscrire dans une discothèque de base de la musique de chambre française.


Critique parue sur Classiquenews.com en janvier 2008, Ernst van Beck

L'entente à l'oeuvre entre chaque soliste (en particulier le piano murmuré de Boris de Larochelambert) permet de voyager de la forme cyclique de Chausson dans son Trio de 1881, l'un des joyaux de la musique française, point d'admiration et même de vénération par de nombreux parnassiens dont Marcel Proust, qui déposa le souvenir transfigué de l'oeuvre dans l'évocation de sa fameuse Sonate de Vinteuil , jusqu'aux formes ouvertes et interrogatives du Trio de Ravel écrit juste avant la première guerre (1914): la fluctuation presque capricieuse des climats et caractères qu'alterne Ravel est un défi pour les interprètes qui doivent trouver au tréfond de leur expérience intime l'intensité et le souffle requis, atteindre cette ligne médiane entre ardeur et mémoire. Ce premier disque révèle le jeu tour à tour ciselé, enfièvré sans appui, habité et musical du Trio Chausson, formation française qui a remporté en 2005 le concours de Weimar. Première carte de visite, affichant d'indiscutables promesses donc de prochains vaillants succès.

Critique parue dans le magazine Pianiste en décembre 2007, Olivier Erouart

Lauréat du concours de Weimar en 2005, le Trio Chausson affirme l'éclat de la musique de chambre avec cet enregistrement remarquable et défendu avec conviction par ses trois protagonistes. [...] Leur connivence permet à chacun des trois interprètes de faire preuve d'une belle liberté tout en étant respectueux du texte. Au-delà de la clarté des plans sonores idéalement équilibrés, les trois musiciens évoluent dans un univers en demi-teintes. Si le souffle romantique passionnel parcourt le trio de Chausson, celui-ci n'est jamais exacerbé. Le piano vibrant d'intensité de Boris de Larochelambert s'efface pour laisser les cordes chanter avec plénitude. Le trio de Ravel se révèle avec exactitude, laissant percer quelques fulgurances graves voire tragiques (Passacaille) et humoristiques (Pantoum). Bravo!


DISQUE SCHUBERT (Mirare)

Critique parue dans le Monde de la musique, avril 2008, Patrick Szersnowicz

Sans toujours créer des contrastes dont on croit trop souvent la partition exempte, le trio Chausson augmenté de remarquables altiste et contrebassiste offre une lecture du quintette « la Truite » qui ne manque ni de finesse ni d'énergie. […] Les interprètes privilégient la limpidité de l'articulation et des inflexions et font perdre à l'œuvre un peu de son caractère mondain.


Critique parue dans Classica, avril 2008, Antoine Mignon

A propos du trio op.100 : On retrouve leur belle homogénéité sonore, notamment aux cordes, et leur grande énergie. […] Ils arrivent à faire vivre parfaitement la musique grâce à un excellent sens de la phrase et de l'architecture des mouvements, et grâce à leur grande union : incontestablement, le Trio Chausson est arrivé en peu de temps à être un trio pour piano digne de ce nom, ce que bon nombre d'ensembles n'obtiennent qu'au bout d'un chemin musical bien plus long.

A propos du quintette « la Truite » : Les musiciens savent y insuffler une vigueur rythmique très satisfaisante, et la sonorité globale est généreuse. Ici aussi, la musique avance et vit. […] Le trio Chausson a de belles années devant lui.


Critique parue dans Le midi libre, 11 février 2008, Michèle Fizaine

On découvre comme neuf le Trio n° 2 pour piano op. 100. Entre enjouement et nostalgie, Philippe Talec et Antoine Landowski savent doser l'émotion, et Boris de Larochelambert impose le piano, lui donne la voix maîtresse. Il y a là quelque chose de fiévreux, un souffle qui s'engouffre dès le premier mouvement. L'Andante est bouleversant. L'altiste Noriko Inoué et la contrebassiste Pénélope Poincheval font cause commune avec le trio dans le célébrissime Quintette en la majeur op.114 La Truite. Tous étonnent par leur engagement, leur humour de vrais musiciens, virtuoses par excellence, mais sérieux par plaisir. Ils sont Rising Star de la saison, et bientôt au firmament.



MUNICH: HERKULESSAAL

Paru le 12 avril 2011 dans le Süddeutsche Zeitung, Harald Eggebrecht

Le jeune trio Chausson, plusieurs fois récompensé, possède virtuosité instrumentale, richesse de couleurs, sens de l'équilibre, charme individuel, finesse rythmique et joue avec une haute conscience musicale. Ainsi leur Haydn sonne spirituel, léger et articulé avec intelligence. Le trio op.8 de Chopin s'épanouit sous les doigts des Chausson, tout en tendresse mélodique et avec une élégance chorégraphique. [...]
Puis c'est la surprise d'un trio de Ravel excitant, avec sa conclusion en hystérie de trilles. La façon dont les trois musiciens atteignent des pianissimi impalpables, réussissent des harmoniques merveilleuses, créent un tissu sonore des plus délicats mais souplement élastique, ou rendent au contraire la vitalité de Ravel avec de puissants jaillissements de couleurs, cela fut une expérience excitante et passionnante. En bis, le Notturno de Schubert, donné avec un grand pathos et un sens aigu de la vulnérabilité schubertienne, dynamiquement et harmoniquement. On aimerait réentendre bientôt ces français inspirés.



HANOVRE: BEETHOVENSAAL

Paru le 19 mars 2011 dans l'Hannoversche Allgemeine Zeitung, Günter Helms

En lieu et place du trio de Ravel en la, passage quasi-obligé pour un trio français, les trois membres de l'encore jeune trio Chausson ont interprété une transcription resplendissante, témoin de leurs qualités d'écriture.
Ils ont réduit sans hésiter la gigantesque Valse orchestrale de Ravel, épatant Hanovre avec des effets sonores croustillants, une mise en place et un raffinement fous; de quoi faire oublier toute aspiration à l'original. Un plaidoyer resplendissant pour le "connu méconnu" et une conclusion tout autant aboutie à la seconde partie, où ils ont sorti le trio de Chopin de son "existence de niche".
Et que dire du véritable bis, le Notturno de Schubert, sinon que derrière leurs sonorités enchanteresses et célestes, on aurait pu entendre voler une mouche?


TOURS

Paru le 27 novembre 2010 dans la Nouvelle République

A l'Hôtel de ville de Tours s'achevait, hier, un chapitre du grand album des Fêtes Musicales consacré à l'intégrale des trios de Beethoven. Mercredi, le trio Chausson en ouverture, empoignait les n° 1 et 6 avec autant d'enthousiasme que de complicité, porté par un souffle commun fait tout à la fois de sensibilité jamais mièvre et d'ardeur souvent volcanique. Par l'élan des phrasés et la vigueur des contrastes, par l'alliance des sonorités pourtant si individualisées, les Chausson faisaient jaillir toute la vitalité novatrice que le printemps du romantisme a déposée au creux de ces pages.


BADEN-BADEN : FESTSPIELHAUS

Confrontation expressive
Joseph Kloppenburg, BNN, juillet 2008

Le trio Chausson nous a offert une agréable matinée musicale au Festspielhaus. Les trois français ont joué beaucoup d'engagement le deuxième trio de Brahms et l'unique trio de leur compatriote et compositeur tutélaire, Ernest Chausson. Un grand soin a été apporté dans ces deux œuvres à l'interprétation des détails mélodiques et à l'extériorisation passionnée d'une expressivité hautement dramatique.

[Chausson] Les musiciens sont parfaitement familiers de ces extrémités du sentiment et de l'interprétation, résonnant d'inflexions franckistes mais aussi wagnériennes, - et ont joué de façon très authentique. Le pianiste Boris de Larochelambert a fait émerger progressivement du brouillard l'introduction lente et hésitante avant de préciser soigneusement ses contours, les deux cordes prolongeant le discours en mêlant sensibilité mélancolique et férocité éruptive.

Le trio Chausson a fait preuve d'un grand tempérament, jouant avec les limites dynamiques et agogiques, toujours avec une remarquable et exceptionnelle intelligence musicale, dosant fougue et véhémence et évitant toute brusquerie dans les contrastes.

Les trois musiciens ont aussi formidablement bien interprété l'opus 87 de Brahms, donné avec brillance et virtuosité. Toujours attentifs les uns aux autres dans la communication musicale, s'apportant mutuellement dans l'agogique, ils ont fait naître les variations séparées du mouvement lent de très belle manière et ont réussi une fin sublime de majesté. La matinée a été couronnée en bis du finale du trio Hob. XV :27 de Haydn ; ce presto, musicalement convainquant, a été enthousiasmant d'élan, de vivacité et de variété.


MOZARTEUM, SALZBURG

Paru le 26 février 2008 dans Drehpunktkultur Salzburg, Elisabeth Aumiller

Un monde de couleurs fascinantes

Une soirée de musique de chambre de haute volée avec des œuvres de Mozart, Bowen, Ravel et Chausson. Un jeu passionnant, captivant et vibrant; du feu, de l'élan et de l'énergie. Les trois jeunes musiciens font montre d'une écoute précise, s'inspirent mutuellement, épousant les phrasés les uns des autres, les développant pour aboutir à un son d'ensemble d'une intense plénitude expressive.

Le trio, qui peut se prévaloir de succès et distinctions internationales, privilégie une grande qualité de son et une belle richesse de couleurs, sans que ce soit au détriment de l'élégance ou de la transparence ; la musique devient une expérience sonore sensuelle. La virtuosité et la brillance ne sont pas une fin en soi, mais un moyen d'expression de la joie musicale et de leur dévotion à la musique [...]

[...] Les musiciens sont dans leur élément dans le trio de Ravel en la. C'est leur langue, et ils y développent une gamme de couleurs d'une grande variété, déployant tour à tour de douces sonorités pastel, des fluorescences intenses et de longues lignes de force. Les rafales et tempêtes défilent tout comme les tendres étincelles. Les dissonances ne sont pas éludées mais ajoutent à l'expressivité. Les éléments folkloriques se glissent avec une gracieuse légèreté. Une lecture impressionnante de cette œuvre composée peu de temps avant l'éclatement de la première guerre dans le sud de la France.

Les français révèlent le trio composé en 1945 par l'anglais York Bowen avec beaucoup d'imagination dans le flot musical. La force dramatique est prédominante, mais ils saisissent chaque occasion de revenir à une expression intime du sentiment. Le violon savoure le romantisme des phrases lyriques d'une façon exquise.

Dans le trio de Chausson op.3, composé en 1881, il devient clair que la musique est pour les interprètes une affaire de cœur. C'est en véritables gourmets qu'ils rendent la magie de cette œuvre et s'y identifient pleinement, de façon affirmée. Ils ne laissent pas le fond mélancolique de l'œuvre la faire sombrer dans les ténèbres, mais conservent, non sans opiniâtreté, l'élégance de la conduite des lignes, développant un effet d'apesanteur mystérieuse. Grands applaudissements pour les jeunes musiciens, promis -à raison- à un grand avenir.


MUSIKVEREIN, VIENNE

Paru le 9 janvier 2008 dans Die Presse,  Karl Gaulhoffer

Le trio Chausson, Rising Star : une mélancolie de première classe, le pied léger

Qu'est-ce qui différencie l'esthétique musicale française de la nôtre ? Si l'on se réfère à la virulente polémique nietzschéenne (pro-Carmen et anti-Wagner) : « cette musique nous vient avec légèreté, souplesse et politesse. Elle est aimable, ne transpire pas. Tout ce qui est bon est léger, tout ce qui est divin court sur la pointe des pieds ».

Le trio Chausson a montré ce mardi au Musikverein que cette maxime s'applique tout naturellement à l'art et la manière des musiciens. Les trois jeunes virtuoses français forment la troisième partie du cycle Rising Stars, une tournée européenne des meilleurs nouvelles recrues musicales du continent.

C'est avec la passion de la jeunesse que les trois musiciens se sont attaqués à Haydn, Ravel, York Bowen et enfin Chausson, leur compositeur tutélaire ; ces oeuvres constituent un bon aperçu de leur répertoire. Ils se sont judicieusement tenus à des pièces où ils ont pu briller de toute la gamme de l'émotion juvénile, de l'exubérance à la mélancolie [Weltschmerz, notion emblématique du romantisme allemand].

C'est avec la légèreté d'un « amuse-oreille » [sic] qu'ils abordent Haydn, dit avec tendresse, le piano joyeusement perlé délicatement souligné par les cordes. Ils se tournent ensuite vers la rudesse du rythme ravélien, issu du folklore basque, qu'ils agrémentent du piquant d'une bravade élégiaque.

Romantique tardif reloaded

Mais la véritable surprise survient après l'entracte. Il est vrai que Chausson et Bowen sont relativement inconnus [...] dans nos contrées. Mais la façon dont ces trois jeunes gens, issus du CNSM de Paris, insufflent une vie nouvelle à leurs compositeurs préférés du romantique tardif, voire finissant, la façon dont ils dépoussièrent cette musique foisonnante d'ornements, personne n'est prêt de pouvoir l'imiter ! Ils s'aventurent sans compromis dans ces mélodies luxuriantes - pas forcément exigeantes - , mais lorsque le mélo menace, ils s'en détournent avec un charme infini, dans le recul d'une douce ironie.

Une musique [...] interprétée par des musiciens dont l'enthousiasme a gagné jusqu'aux derniers rangs.



AUDITORIUM DU MUSEE D'ORSAY, PARIS

Paru dans ConcertoNet.com le 17 janvier 2007, Simon Corley

Le Musée d'Orsay a récemment inauguré son cycle Brahms/Fauré, mais il n'en poursuit pas moins celui consacré à Maurice Denis, avec un jeune trio qui a pris le nom d'Ernest Chausson, un compositeur qui fut l'ami du peintre nabi. De bonnes fées n'ont pas tardé à se pencher sur le berceau de cette formation constituée depuis 2001: CulturesFrance (ex-AFAA), Société Générale, ADAMI et, pour la prochaine saison, le programme international «Rising stars». Une reconnaissance qui n'est pas déméritée si l'on en juge par ce programme original, associant deux partitions de belle ampleur (une demi-heure environ), témoignant, ainsi que le rappellent fort justement les notes d'Hélène Pierrakos, de la renaissance de la musique de chambre française sous l'impulsion de la Société nationale de musique, dont Saint-Saëns et Chausson furent des membres actifs.

A tout seigneur tout honneur, c'est le Trio (1881) de Chausson qui ouvrait la marche. Intense, parfois presque violente, d'une belle plénitude, l'interprétation est à la hauteur de cet opus 3 où toutes les caractéristiques du style de l'auteur du Poème de l'amour et de la mer sont déjà présentes: mélancolie, générosité, noblesse, lyrisme, densité, rêve.

Véritable rareté, le Second trio (1892) de Saint-Saëns est également typique de son créateur: qualité d'écriture, solidité de la construction, élégance et, surtout, variété des climats, le propos sérieux et développé, quasiment brahmsien, des mouvements extrêmes contrastant avec les trois brefs intermèdes centraux, notamment une valse légère (quatrième mouvement). Si l'œuvre apparaît si peu à l'affiche, c'est peut-être aussi parce qu'elle effraie les musiciens, bien que son côté virtuose et spectaculaire soit très «payant» auprès du public: mention spéciale au pianiste Boris de Larochelambert, qui se mesure à la partie extrêmement périlleuse qui lui est dévolue.


FESTIVAL DE MUSIQUE DE CHAMBRE DE St-JEAN-CAP-FERRAT ET BEAULIEU SUR MER

Paru le 16 août 2006 sur classiquenews.com, Alexandre Pham

Un trio [...] en phase de maturité et d'équilibre sonore : les musiciens du trio Ernest Chausson surprennent par leur intensité de jeu, l'accord trouvé entre les parties, les subtilités de lectures quant aux climats et à l'enchaînement des rythmes et des caractères.

Mais aux regards complices, d'une admirable connivence, en particulier entre les cordes, correspond la recherche constante de l'intensité et de l'hédonisme du son. Cette vitalité à l'œuvre, palpitante en maints épisodes, donne relief aux sentiments mêlés d'amertume et d'abandon, de lyrisme et d'ardeur conquérante. Première œuvre importante dans le catalogue du compositeur (1881) [...] , le trio de Chausson exulte littéralement par la fougue et l'entrain des interprètes ; non pas une fougue aveugle et agressive, mais l'expression d'une énergie et d'une conscience canalisée par l'art de la subtilité, de l'élégance et de la nuance. Le piano de Boris de Larochelambert apporte à cette indéniable réussite sa sensibilité complice : toucher évocatoire, ici pictural, associant la lisibilité de la ligne mélodique à la richesse des climats harmoniques. L'écoute pratiquée de façon permanente entre chaque instrumentiste fait du trio un prodige de conversation musicale, une entente à trois. D'un bout à l'autre, l'instinct gagne en profondeur et en fluidité. Investi, vécu, palpitant, toujours juste et jamais emphatique, voilà un trio pleinement assumé, qui parle à l'oreille, enivre l'âme, touche le cœur.


CORUM, FESTIVALDE MONTPELLIER - RADIO FRANCE

Paru le 13 juillet 2006 dans le Midi Libre, Michèle Fizaine

Jeunes solistes: un talent du feu de Dieu

Ouverture du Festival de Radio France par le Trio Chausson, hier à 12h30, rendez-vous quotidien des jeunes solistes: on souhaite que la musique atteigne un tel bonheur pendant deux semaines! Les pièces pour violon, violoncelle et piano de Brahms et Ravel mettent en avant le son généreux du trio, son talent, son audace, vive, intelligente. Entre les interprètes, c'est une communion du feu de Dieu, avec des tempéraments différents. Le pianiste Boris de Larochelambert possède une variété de nuances, une virtuosité aussi ailée que fulgurante. Le violoniste Philippe est plus redoutable encore par son incroyable poésie éthérée et sa vivacité gamine, fruitée. La passion leur est commune et Antoine Landowski a une présence intense au violoncelle. Il enracine Brahms, "chante" à pleine voix, accentue chez Ravel le tragique et l'idéal. Ces trois-là ont de la folie à revendre, et leur bis le dit assez bien (Haydn).


CONCERT A ILLZACH

Paru le 20 janvier 2006 dans les Dernières Nouvelles d'Alsace, Pierre Chevreau

La deuxième partie du concert a mis à l'honneur le trio Chausson qui a remporté le Prix de Musique française lors du 14e concours d'Illzach en 2005. Le trio « Dumky » est l'une des oeuvres les plus populaires de Dvorak. Elle est composée de six dumky (oeuvres lyriques, cousines de la rêverie et de la ballade), où Philippe Talec, (violon), Antoine Landowski (violoncelle) et Boris de Larochelambert (piano), ont tenu un discours juste, naturellement slave, sincère et d'une qualité instrumentale achevée. Leur inspiration ne paraît pas faite d'intentions juxtaposées mais semble au contraire suivre le fil intérieur d'un unique et long phrasé. Le vibrato et les couleurs sonores des trois instrumentistes atteignent une rare cohésion et leur communion s'exprime par une souveraine mise en place. Ce remarquable trio a apporté un indéniable et nécessaire parfum d'authenticité. On relèvera surtout de cette interprétation l'enthousiasme et la vitalité déployés tant par le choix des tempos que dans la caractérisation des divers climats.


CONCOURS INTERNATIONAL DE MUSIQUE DE CHAMBRE JOACHIM DE WEIMAR

Paru le 14 novembre 2005 dans le Thüringer Allgemeine

Lors du concert des lauréats, le Trio Chausson a fait la preuve, avec le trio en Do M de Haydn, de sa souveraineté de rang international à un public enthousiasmé . Peu d'ensembles reconnus nous ont donné à entendre une telle unité dans l'intimité et la symbiose. Les musiciens ont su convaincre par la force expressive de leur jeu et leur virtuosité stupéfiante, dont ils ont tiré parti tant dans le presto-finale étourdissant que dans le mouvement lent, où le Trio a trouvé un monde de possibilités de différences dynamiques.


Paru en janvier 2006 dans le Magazin für Kammermusik

[...] Et un ensemble tel que le Trio Chausson, avec son pianiste Boris de Larochelambert, qui individuellement pense déjà comme un chambriste, ne pouvait se placer qu'au premier plan.

En fait - après la performance du Trio Chausson lors de la demi finale - on pouvait déjà se faire une idée de la répartition des places. [...] Mais après qu'ils eurent mené, avec beaucoup de caractère (Humor) dans sa dimension dramatique, le trio de Haydn - et ce avec le sentiment grisant que leur confondante intensité d'écoute et de réaction, si maîtrisée, donnait naissance à une interprétation fraîche et librement musicale - , il apparut clairement à qui devait revenir la première place. Et pourtant le Trio monta encore en puissance.

Les trois français trouvèrent avec facilité dans le trio op.8 de Brahms l'accentuation juste, une pleine maturité de construction jusque dans la conception mélodique du compositeur - ce fut une interprétation enivrante de cette oeuvre admirable. Enfin, leur exécution du trio de Ravel ne fit que souligner une performance qui appartient aux grandes scènes. La décision du jury, heureusement, fut celle que l'on attendait.


CONCOURS INTERNATIONAL DE MUSIQUE DE CHAMBRE D'ILLZACH

Paru le 17 mars 2005 dans l'Alsace

Le festival 2005 de musique de chambre à l'Espace 110 a été un grand millésime. C'est finalement le déjà célèbre Trio Chausson qui a décroché le prix de la Spedidam [...]. Le Trio Chausson a présenté le Trio N° 1 en si majeur de Brahms. Le dialogue entre le violoncelle (Antoine Landowski) et le violon (Philippe Talec), très complices, a souligné la grande qualité mélodique du morceau. Boris de Larochelambert, au piano, a soufflé le chaud ou le froid, selon l'intention de la partition. Toute l'exubérance de la jeunesse s'est exprimée dans un romantisme échevelé.


Paru le 22 mars 2005 dans les Dernières Nouvelles d'Alsace

Ce concours s'est achevé en apothéose [...] avec un concert des lauréats époustouflant.[...]
Les musiciens du Trio Chausson ont régalé les âmes de leur fougue et volupté en un Trio de Johannes Brahms ensorcelant, une oeuvre de jeunesse, excessive et pleine de joie de ce compositeur. Le Trio Chausson repartira avec dans son escarcelle le prix de la Spedidam et l'ovation du public qui leur réclamait un bis volontiers dispensé.


CONCERT A KUHMO (Finlande)

Paru le 8 juin 2005 dans le Kainuun Sanomat

L'interprétation du trio de Chausson par le Trio Chausson a offert un contraste agréable avec le quatuor à cordes de Puumala. Cette pièce est habitée d'échos de la période wagnérienne de Chausson. [...] Le flot romantique et la beauté des mélodies a transporté les auditeurs dans le rêve. Le Trio Chausson a su mettre en lumière les instants sensibles tout autant que les accès de pathos passionnés dans une exécution riches en nuances et rythmiquement parfaite. Leur conduite énergique a apporté une fraîcheur vivante à cette oeuvre, qui sans cela pourrait devenir trop sucrée.

En tant que passionné de musique contemporaine, j'ai été surpris: dans ce concert, c'est par le romantisme de Chausson que j'ai été le plus impressionné - et le charme violonistique de Philippe Talec n'y est pas étranger. La richesse du monde de la musique offre de nombreux remèdes aux maux et besoins de chacun.